Je ne suis pas ma Business

business mindset May 10, 2022

T’es-tu déjà fait dire que pour avoir une business authentique et alignée elle doit être une extension de toi?

Je te pose la question parce qu’en quelque part dans les dernières années je me suis fait rentré dans la tête que je suis ma business et que parce que ma business est une extension de moi c’est ce qui me permet de créer des choses alignées directement aux désirs de mon âme et attirer mes “clientes d’âme” (ou en bon franglais; ma soul client) avec toute cette belle énergie.

Après 2 ans dans le processus, je te présente un tout nouveau mantra qui a complètement changé notre (mon mari Pedro et moi) vie et nos businesses :

Je ne suis pas ma business. Ma business n’est pas une extension de moi. Nous sommes deux entités séparées et nous avons une mission et des buts différents.

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Tu vois, je me suis rendue compte la semaine dernière de l’énorme implication derrière l’idée d’être ma business; ça devient extrêmement personnel et émotionnel.

Dans ce modèle d’affaire:

  • Le succès de ma business est directement relié à mon succès personnel; si je n’arrive pas à la faire fonctionner comme je veux, c’est certainement moi le problème (ou apparemment mon énergie!)

  • Mon contenu sur les réseaux sociaux devient moi et j’y attache ma valeur; si personne n’aime mon contenu ça veux dire que personne ne m’aime

  • Si personne n’achète mes services c’est que je ne suis pas assez bonne pour que les gens achètent

  • Si je n’arrive pas à faire grandir mon nombre de followers c’est que les gens ne veulent pas de moi

  • Si mon lancement n’a pas les résultats que je désire c’est certainement parce que mon énergie n’est pas bonne

Clairement, c’est toujours MOI et mon énergie le problème. Ça ne pourrait jamais être que mon marketing n’est pas efficace parce que je n’ai absoluement aucune stratégie, que je parle dans le vide parce que je n’utilise pas du tout le language de mon audience cible ou parce que je n’ai aucune structure et que je lance du contenu en l’air en espérant ben fort que ma belle énergie fasse la job.

Dans ce modèle on se crée un attachement très émotionelle et une pression incroyable parce que tout l’état de notre business veut dire quelque chose de nous personnellement. Mais si tu prends deux petites minutes pour aller voir les modèles de business à succès à l’extérieur de l’industrie du coaching, tu vas entendre un dialogue complètement différent.

Business is business - Y’a rien de personnel

L’affaire c’est que quand tu es ta business et que tout ce qui se passe dedans veut dire quelque chose de toi, tu as trop d’attaches émotionelles pour être capable de:

  • Mettre ton chapeau de CMO (chief marketing officer) et analyser le data de ton marketing pour voir ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas et ensuite l’amméliorer (ben non, parce que le résult de ton contenu est relié à ton énergie!)

  • Mettre ton chapeau de CFO (chief financial officer) et identifier à combien tu dois vendre tes produits pour faire un profit et comment répartir tes profits dans ta business pour les maximiser. (ben non, parce que ton prix est directement lié à la valeur que tu penses que tu as!)

  • Mettre ton chapeau de CEO (chief executive officer) et évaluer le fonctionnement des opérations de la business et innover pour la faire avancer. (ben non, parce que tu passes tout ton temps DANS ta business et jamais sur ta business parce que tu as une aversion aux structures et systèmes et tu penses que c’est ce qui va t’empêcher d’avoir du flow)

Et donc avec ce modèle tu es tellement prise dans les émotions que tu n’a pas la capacité de replir les rôles dont une business a vraiment besoin pour prospérer et tu passes ton temps à te remettre en question et douter de tes capacité à réussir.

Imagine ceci:

Je suis en charge de la création de contenu chez la Croix Bleue. C’est mardi et je viens d’écrire et publier un post pour leur réseaux sociaux. Le mercredi matin je retourne au travail pour découvrir que la publication n’a presque pas eu de likes ou commentaires. Et là, je remet ma vie au complet en question... OMG! Ils ne m’aiment pas! Je suis poche et bonne à rien! Déprimée, je quitte le travail et je dis à mon boss que je suis trop déprimée pour continuer ma journée. Je retourne à la maison et je passe la journée à me dire que je devrais trouver une autre carrière parce que clairement je ne vaux rien.

Est-ce que ça fait du sens pour toi? Probablement pas!

 

Tout ça à la place de regarder:

  • Est-ce que le contenu as de la valeur pour la clientèle cible?

  • Est-ce que j’ai utilisé un appel à l’action dans la publication?

  • Est-ce que je l’ai publié à un moment où les gens sont en ligne?

  • Est-ce que l’image est attirante?

  • Est-ce que j’ai utilisé le même language que ma clientèle cible?

Avec du recul, j’ai décidé que je ne veux pas être ma business parce que ça m’empêche de regarder les choses objectivement pour les améliorer. Ça m’empêche de remplir les rôles nécessaires à sa croissance.

J’ai donc entrepris un processus de détachement. J’ai commencé par voir ma business comme UNE business avec laquelle je travaille en co-création pour matérialiser des idées dans ce monde. Pour faire fonctionner une business ça prend plusieurs personnes mais je suis la seule pour l’instant alors je dois remplir ces roles moi-même. Et c’est exactement où se trouvait un de mes plus grands problème; je ne prennais aucun de ces roles au sérieux et je ne les remplissait que quand j’en avais envie.

Imagine aller voir un de tes employés en vente et lui demander combien d’appels il a faits aujourd’hui dans sa journée de travail pour te faire répondre: haaa aucun, j’avais vraiment pas le goût de faire ça alors j’ai fais autre chose!

 

C’est sa JOB! On s’entend tu que tu le mettrais à la porte?

 

Pourtant, c’est ce que je faisais dans ma business. À la place de remplir mon role de créatrice de contenu, de comptabilité, de formatrice, de rédactrice, de CEO... je faisais ce que ça me tentais parce que je voulais être dans le flow. Ben à la place de me faire mettre à la porte je n’avais simplement pas les revenus que je souhaitais, ce qui est pas mal la même affaire. Je me mettais constament à la porte moi même, finalement.

Alors je me suis assise et j’ai fais la liste des roles importants et j’ai établi ce que je demanderais de ces personnes si c’était des vrais employés.

  • Qu’est-ce que je veux comme personne pour la création de contenu?

  • Qu’est-ce que je veux comme personne qui gère les finances?

  • Qu’est-ce que je veux comme personne qui gère les messages dans mes DM?

  • Qu’est-ce que je veux comme personne qui gère mon marketing?

Et quels compétences est-ce que ces personnes doivent avoir?

Dans la réponse se trouve ce que JE dois avoir et faire pour remplir ces roles pour assurer le bon fonctionnement de cette business et avoir les revenus que je désire.

 

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C’est grâce à ce détachement que je me suis rendue compte que je tournais les coins ronds depuis 2 ans et c’est exactement pour ça que je n’étais pas où je voulais être encore.

Plus j’ai commencé à voir cette business comme une business dans laquelle je travaille et à travers laquelle je peux accomplir mes buts, plus c’est devenu facile de me détacher émotionellement et faire le travail comme du monde.

Je ne suis pas le contenu sur les réseaux sociaux de cette business. Je ne suis pas les produits de cette business. Je ne suis pas le revenus de cette business. Et ma mission de vie ne repose pas sur les épaules de cette business.

Au même titre que Steve Jobs n’était pas Apple. Elon Musk n’est pas Tesla. Jeff Besos n’est pas Amazon. Andy Frisella n’est pas 1st Phorm.

Je suis, en quelque sorte une influenceuse des produits de cette business et j’ai choisi de l’être parce que je crois en sa mission et en l’efficacité de ses produits parce qu’ils ont changés ma vie!

Mais tout ça ne veux rien dire de moi en tant que personne.